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Raphäel Pasquini Ariane Dufour Jörg Meyer |
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Raphaël Pasquini |
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Fin(s) Quelque chose qui s’achève… Les photographies de Raphaël Pasquini interrogent un processus en cours, une perte progressive, la nostalgie qui s’installe, le vide en train de se faire, la désertion de l’espace par les êtres qui l’ont animé : un paysage d’entre-saison, un coup d’œil sur ce que l’on quitte, la solitude d’un voyageur sans bagages, le clinquant chaotique des vestiges de la fête. La vie est là, pourtant, même si elle s’est retirée, comme avec les vagues de l’arrière-été, au point que ne nous parviennent plus que les lointains échos d’une ronde d’enfants qu’on distingue à peine. Ces fins sont diverses. Toutes portent encore l’empreinte de ce qui fut. Alors que l’on « raccroche », l’oeil s’accroche pourtant encore à quelque réalité familière : la montre du boulanger, qu’on enlevait pour travailler, scande maintenant le temps dans le laboratoire vide, un bonzaï se reflète sur une vitrine, rideaux tirés. Déjà le sens s’enfuit : les enseignes lumineuses parlent d’un espace artificiel qui tarde à s’éteindre alors que la fête est finie, que les réjouissances s’éloignent et que l’on s’est encore une fois nourri d’éphémère. Ces fins sont des confins, frontières entre l’invisible et les sentiments qui nous habitent au moment de partir, de quitter ce qu’on a aimé. Désertés, ces lieux où les personnages sont devenus fragmentaires ou perdus dans l’échelle du paysage, avant de disparaître, sont cependant gros de cycles à venir : les saisons, les fêtes, celles de la vie et des hommes, reviendront. Ces fins sont aussi, dit l’étymologie, des buts vers lesquels on tend. Christian Sester |
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